A toi.
Tu aimerais tellement te lever pour quelqu'un. Tous les matins quand tu ouvres les yeux tu t'accroches, pour te dire que tu vis au moins pour toi même. Tu essaies de trouver encore un ou deux rêves, parce que tu ne crois plus aux comptes de fées, parce que les gens ont beau te dire que la rue tourne, tu n'y crois plus. Comme Saez tu as envie de demander "Tu y crois toi ?" et comme lui tu réponds "Moi putain j'ai du mal". Oui il doit y avoir autre chose. Toi, tu pleures en regardant le journal. On te dit de prendre du recul, que ça arrive tous les jours c'est juste que là ça te touche plus parce que c'est plus près. Et toi tu leur réponds juste que justement, c'est encore pire que ce genre de choses arrivent tous les jours, et qu'on en parle même plus. Tu n'arrives pas à comprendre, tu aimerais changer quelque chose, et pourtant tu es juste rien sur cette terre, face à cette nature qui se révolte. Et encore, tu as même tendance à croire que ce n'est pas elle, c'est juste leurs conneries à eux qui ont provoqué tout ça. Puis tu prends un cadre plus petit, rien que ce qui t'entoures. Et là encore bordel tu te dis qu'il y a un soucis. Pourquoi quand ta mère rentre elle aime l'odeur de la pizza que ta soeur a préparé quelques heures plus tôt (sans même demandé si toi tu avais mangé) alors que tu pensais qu'elle avait remarqué l'odeur du produit que tu mets dans tes cheveux après la douche, pour justement que cette odeur fasse plaisir.. ? Puis, t'aimerais tellement qu'on te soutienne un peu, parce que ta famille sait que t'as une boule de feu à l'intérieur de toi, que tu caches en permanence mais qui parfois sort, souvent quand il faut pas. Mais que ça, ils oublient, ou veulent pas y penser. Ton blocus te bouffe, plein d'gens se rendent pas compte parce qu'eux foutent plus rien. Et les soirées, ce que t'aime tant, qui te fait un peu quitter ta vie monotone, tu dois les laisser, et on te pousse, encore et encore à "faire une pause". Bordel, tu viens de faire des mois de pause.. Puis t'as des regrets de perdre des gens. Enfin ouais.. Tu te battais, t'étais là tous les jours, tu voulais pas qu'ils lachent, et en fait c'était du vent. Arrête un peu, tu sais qu'ils ne t'écoutent pas. La preuve, là ils demandent de tes nouvelles ? Tu crois vraiment toi qu'ils se demandent si toi tu t'en sors ? Bref, arrête de te battre chérie, si on a besoin de toi on se bougera. Mais tu m'fais sourire, les petits soins que tu te fais toutes les semaines après une longue journée pour avoir la peau douce, mais y'a plus personne pour passer sa main dessus et s'en rendre compte. Parce qu'ils ont toujours trouvé un peau plus douce ailleurs.. C'est comme ça. Regarde la fille qui avait besoin d'un téléphone l'autre jour. 21ans, mariée, amoureuse, mais d'un mari qui s'en fout. Et vous avez gentillement essayé de la réconforter. Oui mais et demain ? [......] Tu te demandes pourquoi on nous fait croire que la vie n'est qu'une suite de bon temps, on sait que tu ne nous crois pas quand on te parle d'espoir, tu penses qu'on ne voit pas cette ambition qui te ronge, cette envie de faire partie de ceux qui ont marqué le monde. Te poses pas de question, fonce.
Te souviens tu de nos rêves oubliés
D'aller toucher les étoiles, du moins essayer
Te souviens tu de nos envies d'amour
Encore et encore, un peu plus tous les jours
Te souviens tu du bonheur qu'on voulait
Et à force de vouloir regarde où on est
Te souviens tu de cette réalité
Qu'on a laissé filer
Te souviens tu de moi ?
Te souviens tu dis moi ?